Chuao : la terre du cacao vénézuélien
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Aux XVIIe et XVIIIe siècles, des Africains réduits en esclavage ont été amenés sur la côte centrale du Venezuela pour travailler dans des plantations de cacao appartenant à des colons espagnols et à des ordres religieux.
De nombreuses personnes réduites en esclavage se sont enfuies des plantations les plus accessibles pour rejoindre des lieux isolés comme la vallée de Chuao — entourée de montagnes et reliée à la mer par une petite plage.
Cet isolement géographique faisait de Chuao un refuge naturel, difficile d’accès pour les forces coloniales.
À cette époque, Chuao comptait déjà de petites plantations de cacao Criollo, en partie cultivées par des populations autochtones qui connaissaient intimement la terre. Des personnes ayant fui l’esclavage et des habitants autochtones y ont vécu ensemble, façonnant une communauté afro-autochtone singulière avec son propre mode de vie.
Les habitants disposaient d’une autonomie importante. Ils cultivaient le cacao, payaient des tributs en nature et préservaient leurs coutumes.
L’esclavage a été officiellement aboli au Venezuela en 1854. À Chuao, la communauté était déjà fortement organisée et la production de cacao reposait largement sur une organisation collective.
Pour ses habitants, le cacao n’était pas seulement un moyen de subsistance — il était étroitement lié à leur autonomie économique. Sa valeur leur permettait d’échanger des produits essentiels comme le sel, des outils ou des vêtements.
Aujourd’hui encore, le cacao reste au cœur de Chuao — symbole de résilience, d’identité et d’indépendance, héritage d’une communauté dont l’histoire est profondément liée à cette terre.
Ce fut l’une de mes plus grandes surprises lorsque je me suis installée en Slovénie — les cérémonies du cacao y sont très présentes. J’ai trouvé étrange de voir quelque chose de si quotidien et profondément lié à la terre au Venezuela prendre ici une tout autre dimension spirituelle.
À Chuao, le cacao est respecté, cultivé et travaillé chaque jour — mais les cérémonies du cacao telles qu’elles sont pratiquées aujourd’hui en Occident ne font pas partie de la tradition quotidienne locale.